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Oliveraies et moulins de village : vivre avec les oliviers dans l'arriere-pays nicois
Ce qu'une oliveraie demande vraiment, où les huit villages pressent leur huile, et comment les arbres pèsent sur la valeur d'une propriété.
Dans Ce Guide
Oliveraies et moulins de village : vivre avec les oliviers dans l'arriere-pays nicois
L'essentiel
Achetez une propriété de l'arrière-pays avec une oliveraie et vous reprenez un petit coin de Provence qui travaille encore. Il faut une taille par an, quelques arrosages profonds pendant les mois secs, et à peu près une semaine de cueillette à la fin de l'automne. Ensuite vous chargez les cagettes dans la voiture, vous filez vers un moulin de village comme celui d'Opio, et vous rentrez avec votre propre huile en bidons de cinq litres.
La plupart des maisons autour de Valbonne, d'Opio, de Châteauneuf-de-Grasse et du Rouret reposent sur un terrain qui compte au moins quelques oliviers, et beaucoup en ont trente ou plus. La variété locale est le Cailletier, l'olive qui se cache derrière l'AOP Huile d'olive de Nice. La récolte va de la fin octobre à décembre. Notre avis franc, après des années à suivre ces ventes : une oliveraie soignée et mature compte comme un atout à la revente, pas comme la corvée que redoutent beaucoup de primo-acquéreurs.
Les prix donnent la forme du marché. En 2026, les valeurs moyennes vont d'environ 3 430 euros le mètre carré à Grasse à près de 6 750 à Opio, avec Valbonne, Mougins, Biot, Roquefort-les-Pins, Châteauneuf-de-Grasse et Le Rouret entre les deux. L'oliveraie fixe rarement le prix à elle seule. Elle fixe l'ambiance du jardin, et c'est ce dont les gens se souviennent quand ils parcourent le terrain.
L'olive qui a fait ces collines
L'arbre qui couvre ces collines est le Cailletier, appelé ici l'olive de Nice ou la caillette. C'est une petite olive, cueillie quand elle a viré au noir et qu'elle est mûre plutôt que verte, et elle donne une huile légère en bouche, aux notes d'amande, avec très peu d'amertume. Ce profil doux explique pourquoi l'huile de ce coin des Alpes-Maritimes a obtenu sa propre appellation, l'AOP Huile d'olive de Nice, reconnue en 2001 et liée à une bande de communes qui va à peu près de Vence jusqu'à Menton.
Les chiffres replacent la région dans son contexte. La France a pressé environ 5 700 tonnes d'huile d'olive sur la campagne 2024-2025, et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur représente à elle seule près de 62 pour cent de la production nationale, répartie sur six appellations protégées dont celle de Nice. Nous ne sommes pas en Andalousie, où l'huile se fait par camions-citernes. Ici la production est petite, de coteau, faite à la main, et c'est précisément ce qui rend l'huile bonne et ce qui fait qu'une oliveraie privée de vingt ou trente arbres veut encore dire quelque chose.
On voit les arbres partout dès qu'on commence à regarder. Ils tiennent les vieilles terrasses, les restanques de pierre sèche qui descendent en marches les pentes autour d'Opio et de Châteauneuf, des murs montés à la main sur des générations pour garder la terre sur un versant. Un Cailletier centenaire au tronc épais et tordu fait partie des meubles dans les beaux jardins d'ici, et les habitants le traitent avec le respect que l'on doit à un meuble de famille. Les acheteurs venus d'ailleurs arrivent souvent en voyant les arbres comme un décor. Au bout d'un an, la plupart parlent de leur huile comme d'une petite récolte, parce que c'est ce qu'elle devient.
Le Cailletier est aussi une olive à double usage. Le même fruit, cueilli un peu moins mûr et confit en saumure, devient la petite olive de Nice ridée que l'on trouve sur tous les étals et dans la tapenade de chaque apéro. Une oliveraie, ce n'est donc pas que de l'huile. C'est aussi l'olive de table, si vous avez la patience de confire quelques bocaux chaque hiver.
La ou l'huile se presse vraiment
Le cœur de toute l'affaire, c'est le moulin, le moulin de village où l'olive devient huile. Le plus connu autour des huit villages est le Moulin d'Opio, sur la Route de Châteauneuf, un moulin en activité sur ce site depuis le quinzième siècle et tenu par la même famille pendant sept générations. En 2025 il a été repris par une coopérative locale, la SCIC Les Ferrages, qui a gardé ce qui compte le plus pour les habitants. Vous pouvez apporter vos propres olives et repartir avec votre propre huile.
Ce service porte un nom, la presse à façon. Vous déposez vos cagettes, le moulin les pèse et les presse, et vous récupérez une huile vraiment à vous, pas un assemblage de supermarché. Il y a un point pratique à connaître avant de trop idéaliser la chose. Les moulins veulent en général un minimum, souvent autour de 100 à 150 kilos, pour lancer une presse dédiée à un seul foyer. Apportez moins et vos olives partent dans un lot commun, et vous recevez une part proportionnelle de l'huile assemblée, qui reste votre huile dans l'esprit mais pas seulement celle de vos arbres. Une douzaine d'arbres en bonne santé, une bonne année, suffit pour une presse dédiée. Une poignée, non, et ce n'est pas grave, car l'assemblage de votre propre village est excellent.
Opio n'est pas la seule option. Le Pays de Grasse compte plusieurs moulins à quelques minutes, et de plus petites structures comme le Domaine H près de Grasse pressent sur rendez-vous, en travaillant le matin les olives que les gens apportent. La plupart des moulins vendent aussi leur huile, leur tapenade et leur pâte d'olive, et proposent des visites hors saison, ce qui est la façon simple d'apprendre le métier avant d'avoir sa propre récolte. La règle de rendement que tout le monde cite tourne autour de cinq kilos d'olives pour un litre d'huile une année moyenne, davantage une mauvaise année. Un arbre qui donne quinze ou vingt kilos, c'est quelques bouteilles, et une vraie oliveraie, c'est la réserve d'hiver de la maison avec de quoi offrir.
Un dernier mot sur la matinée au moulin. C'est convivial. On fait la queue avec ses voisins, on compare les cagettes, on échange sur qui a taillé quoi et quand, et on rentre en sentant l'olive écrasée. Pour beaucoup de propriétaires, cette seule matinée de novembre ou de décembre devient le moment de l'année qu'ils attendent le plus, bien plus qu'ils ne l'imaginaient en achetant la maison pour la vue.
L'annee de l'olive, mois par mois
L'olive suit un calendrier que l'on apprend vite dès qu'on possède quelques arbres. La floraison arrive à la fin du printemps, un bref nuage de minuscules fleurs crème que presque personne ne remarque. Le fruit noue en juin, et c'est là que les arbres récemment plantés et toute oliveraie sur sol maigre réclament de l'eau. Pendant l'été les olives grossissent et restent dures et vertes, et l'arbre ne demande presque rien, sinon un œil attentif sur le temps.
L'automne, tout bascule. Le changement de couleur, la véraison, fait passer le fruit du vert au violet puis au noir, et le moment varie d'une année à l'autre. La saison 2024-2025 a été nettement tardive, le syndicat de l'appellation de Nice signalant une véraison décalée sur tout le secteur. La campagne de récolte ouvre en général autour du premier octobre, mais pour le Cailletier, cueilli mûr et noir, la plupart des propriétaires attendent la fin octobre et vont de novembre jusqu'à décembre.
Deux règles comptent plus que toutes les autres. Cueillez quand le fruit est prêt, pas quand le calendrier le dit, car un Cailletier ramassé trop vert donne une huile maigre et amère, et laissé trop longtemps il perd sa fraîcheur. Et portez les olives au moulin vite, idéalement en un ou deux jours, parce que la qualité de l'huile chute à mesure que le fruit attend dans la cagette. Des olives meurtries, chaudes, en attente, sont la cause la plus fréquente d'une récolte de maison décevante à la presse.
Puis l'hiver apporte le seul vrai travail de l'année, la taille, faite en général en février et mars une fois le grand froid passé et avant que la sève ne monte. Ensuite le cycle repart. Une oliveraie vous met au pas des saisons comme une pelouse ne le fera jamais, et pour beaucoup c'est le plaisir tranquille de toute l'histoire. On cesse de regarder le calendrier et on commence à lire les arbres.
Ce qu'une oliveraie change a l'achat
Voici ce qui compte au moment de signer. Une oliveraie occupe presque toujours la partie jardin ou agricole d'une parcelle, pas le dessous de la maison, et elle complique donc rarement la construction elle-même. Ce qu'elle fait, c'est donner forme à tout ce que l'on voit depuis la terrasse. Des arbres mûrs encadrent la piscine, jettent une ombre douce sur le gravier, et donnent à un jardin neuf l'allure d'un jardin installé depuis cinquante ans. Cette maturité immédiate s'achète difficilement autrement, et c'est la raison pour laquelle une villa avec oliveraie établie se photographie et se visite mieux qu'une maison identique sur terrain nu.
Les vieux oliviers bénéficient aussi d'une certaine protection juridique. Beaucoup de plans locaux, le PLU de chaque commune, traitent les arbres établis comme des éléments que l'on ne peut pas simplement enlever, et abattre ou transplanter un olivier mûr demande souvent un accord de la mairie. Ne supposez pas que vous pourrez raser une oliveraie pour agrandir une pelouse ou poser un court de tennis. Vérifiez le PLU et le zonage de la parcelle avant d'imaginer le jardin que vous voulez, car les règles varient d'une commune à l'autre et un refus après l'achat est une mauvaise surprise coûteuse.
Quand vous visitez une propriété avec des arbres, posez les questions simples. Combien d'arbres, et de quel âge. Quand ont-ils été taillés pour la dernière fois. Y a-t-il une irrigation, ou tiennent-ils à sec tout l'été. Qui les entretient, le propriétaire ou un oléiculteur. Une oliveraie tenue est un cadeau, prête à produire dès votre premier automne. Une oliveraie laissée à l'abandon, pleine de gourmands et trop haute de trois mètres, c'est une ou deux saisons de taille de restauration avant qu'elle ne reproduise bien, et c'est un coût réel, en temps ou en argent, à intégrer.
Une note fiscale mérite un mot. Un terrain planté et travaillé en oliveraie peut, dans certains cas, être classé en agricole plutôt qu'en jardin, ce qui change la façon dont la parcelle est enregistrée et taxée. Cela pèse rarement sur une maison de famille, mais sur de plus grands domaines autour de Roquefort-les-Pins ou du Rouret, où les parcelles sont vastes et où certains propriétaires produisent vraiment leur huile, il vaut la peine de demander au notaire comment le terrain est classé avant de signer.
Le vrai travail, franchement
Les gens s'inquiètent du travail, alors voici la version honnête. Le cœur du métier, c'est la taille, une fois par an ou tous les deux ans, en redonnant la vieille forme en gobelet ouvert qui laisse passer la lumière et l'air dans le feuillage. Le dicton local veut qu'une hirondelle puisse traverser le milieu de l'arbre en plein vol. Une douzaine d'arbres, c'est un samedi avec un sécateur sur perche et un ami qui sait s'y prendre, et si vous ne savez pas, un après-midi avec un oléiculteur la première année vous en apprend l'essentiel.
L'eau vient ensuite. Les arbres établis sur sol profond passent les étés secs tout seuls, mais les jeunes arbres et tout ce qui a été planté ces dernières années veulent un arrosage profond en juillet et août, et les étés de sécheresse récents ont rendu cela moins facultatif qu'avant. Une simple ligne de goutte-à-goutte règle le problème. La mouche de l'olive est le principal ravageur, l'insecte qui pond dans le fruit et gâche l'huile, et la plupart des propriétaires d'ici la gèrent avec des traitements à base d'argile ou de cuivre et en cueillant avant que le fruit ne soit trop mûr. Rien de tout cela n'est de la chimie lourde. Une oliveraie est l'une des cultures les plus simples à tenir en bio, et c'est ainsi que travaillent la plupart des petits producteurs autour d'Opio et de Châteauneuf.
La cueillette, elle, est la partie conviviale. Certains filent le sol et secouent les branches, d'autres peignent à la main avec un petit râteau, d'autres ramassent encore au panier, à l'ancienne. Pour une petite oliveraie, c'est un week-end, souvent à plusieurs, qui finit souvent par un long déjeuner. Notre avis franc : la plupart des propriétaires finissent par aimer ce rythme, et ceux qui n'aiment pas paient simplement un oléiculteur pour tailler et récolter au partage ou à l'heure, un argent bien dépensé et facile à organiser dans chacun des huit villages.
Ce qu'il ne faut pas faire, c'est rien. Un olivier laissé entièrement seul ne meurt pas, il boude. Il pousse des gourmands à la base, monte en hauteur et se fait de l'ombre à lui-même, et la récolte tombe à presque rien. La bonne nouvelle, c'est que l'olivier pardonne et qu'il est presque impossible à tuer, si bien qu'une oliveraie même très négligée revient avec deux ou trois hivers de taille correcte. Nous avons vu des acheteurs transformer un terrain triste et envahi en une parcelle productive en deux ans, et y prendre goût.
Secheresse, gel et feu : les vrais risques
Une oliveraie demande peu d'entretien, mais elle n'est pas sans risque, et un acheteur doit savoir à quoi les arbres font face dans cette partie des Alpes-Maritimes. Le premier, c'est la sécheresse. Les étés sont devenus plus chauds et plus secs ces dernières années, et si un Cailletier mûr sur sol profond en restanques est fait pour cela, une jeune oliveraie ou une parcelle sur une pente maigre exposée au sud peut souffrir sans un peu d'eau au pire du mois d'août. Si vous achetez pour les arbres, regardez le sol et l'exposition, pas seulement le nombre.
Le gel est le deuxième. L'arrière-pays est plus haut et plus froid que la côte, et les villages au-dessus de 300 mètres autour de Châteauneuf-de-Grasse et certaines parties du Rouret peuvent prendre un gel d'hiver dur que le bord de mer ne connaît jamais. L'olivier encaisse le froid normal, mais une gelée sévère et prolongée peut abîmer le bois et coûter une année de récolte. C'est rare ici, mais c'est la raison pour laquelle les producteurs locaux surveillent la météo de fin d'hiver d'aussi près que celle de l'automne.
Le feu est le risque qui s'accompagne d'une obligation légale. Dans les Alpes-Maritimes, les propriétés situées dans ou près des zones boisées sont soumises à l'obligation de débroussaillement, l'exigence légale de dégager les broussailles et d'entretenir un espace défendable autour de la maison. Une oliveraie bien tenue aide d'ailleurs, car un sol dégagé, pâturée ou tondu sous des arbres espacés fait bien moins échelle à feu qu'un maquis dense. À l'achat, demandez si la parcelle relève d'une OLD, l'obligation légale de débroussaillement, car le travail incombe au propriétaire et les amendes en cas de manquement sont bien réelles.
Rien de tout cela ne doit décourager qui que ce soit. Ce sont les faits ordinaires de la possession d'un terrain en climat méditerranéen, et l'olivier est l'un des arbres les mieux adaptés de la planète à ces conditions précises. L'idée, c'est d'acheter les yeux ouverts. L'eau, l'exposition et les règles de débroussaillement sont les trois choses que nous vérifierions sur toute propriété avec oliveraie avant l'expertise, pas après.
AOP, et comment nommer votre huile
L'AOP Huile d'olive de Nice est un nom protégé avec de vraies règles derrière. L'huile doit venir de la zone définie, être construite autour du Cailletier, et être pressée selon les normes de l'appellation. Ce label, c'est ce que vous payez quand vous achetez une bouteille certifiée au moulin d'Opio ou sur un marché du samedi, et c'est la raison pour laquelle l'huile locale se vend plus cher que l'huile ordinaire de supermarché.
Pour un propriétaire privé, le tableau est plus simple qu'il n'y paraît. Presser ses propres olives pour sa propre table se situe en dehors de tout cela. Vous pouvez presser, mettre en bouteille et offrir votre huile à la famille et aux amis sans aucune certification, parce qu'elle n'entre jamais sur le marché. Dès l'instant où vous voulez la vendre, et surtout la vendre sous l'AOP Huile d'olive de Nice, vous entrez dans un monde certifié géré par le syndicat local, avec des contrôles sur vos arbres, vos rendements et votre moulin.
Presque aucun propriétaire d'une oliveraie de jardin ne s'y lance, et il n'y a aucune raison de le faire. L'huile de vos propres arbres vaut plus sur votre propre table qu'elle ne vaudrait jamais avec une étiquette dessus. La poignée de propriétaires de l'arrière-pays qui vendent vraiment sont plutôt les grands domaines, ceux qui comptent plusieurs centaines d'arbres et une vraie raison de certifier. Pour tous les autres, l'oliveraie est une réserve privée, et c'est la meilleure affaire. On évite la paperasse et on garde la meilleure huile pour la maison.
Ce que coutent les proprietes avec oliveraie, village par village
L'oliveraie ne fixe pas le prix, mais l'adresse, oui. Voici où se situent les huit villages en 2026, en valeurs moyennes au mètre carré tirées de MeilleursAgents et du fichier public des transactions DVF tenu par la Direction Générale des Finances Publiques. Les chiffres des maisons, lorsqu'ils sont disponibles, dépassent la moyenne globale dans la plupart des villages, et c'est le chiffre des maisons qui compte pour le type de villa avec jardin qui s'accompagne d'oliviers.
| Village | Prix moyen (2026) | Maisons |
|---|---|---|
| Opio | ~6 750 EUR/m2 | - |
| Valbonne | ~6 200 EUR/m2 | ~7 400 EUR/m2 |
| Châteauneuf-de-Grasse | ~5 941 EUR/m2 | ~6 293 EUR/m2 |
| Mougins | ~5 919 EUR/m2 | ~6 627 EUR/m2 |
| Roquefort-les-Pins | ~5 820 EUR/m2 | - |
| Biot | ~5 760 EUR/m2 | - |
| Le Rouret | ~5 490 EUR/m2 | - |
| Grasse | ~3 430 EUR/m2 | - |
La tendance est stable. Opio, Valbonne et Mougins tiennent le haut de la fourchette, et Opio en particulier est l'endroit où se vend la villa classique avec oliveraie sur grand terrain, portée par son identité de pays de l'olivier et par le moulin reconnu juste à sa porte. Châteauneuf-de-Grasse, Le Rouret et Roquefort-les-Pins offrent plus de terrain pour le prix et les plus grandes oliveraies qui vont avec, et c'est pourquoi les familles en quête d'espace et d'arbres y atterrissent.
Grasse reste, et de loin, le bon plan du groupe, et les vieilles terrasses au-dessus de la ville du parfum portent certains des plus vieux arbres du secteur, souvent sur des restanques pentues qui donnent des olives depuis des siècles. Biot se place au milieu et penche vers la côte et Sophia Antipolis. Aucun de ces chiffres ne bouge beaucoup à cause des seuls arbres, mais une propriété dont l'oliveraie a été choyée se vend plus vite et tient mieux son prix, et c'est une valeur en soi.
Vivre l'annee de l'olive
Posséder les arbres vous entraîne dans une année que les villages tiennent depuis des siècles. L'huile est sur la table à chaque repas, versée sur un chèvre chaud, étalée sur le pain grillé, mêlée à la tapenade qui revient à chaque apéro de Biot au Rouret. En décembre, les moulins sortent l'huile nouvelle, trouble, verte, assez poivrée pour accrocher le fond de la gorge, et les gens font la queue pour elle comme d'autres pour le premier vin de l'année.
Les moulins proposent des journées portes ouvertes et des visites pendant les mois plus calmes, et les marchés du week-end portent l'huile locale, les olives en une dizaine de préparations, et les planches et cuillères en bois d'olivier qui forment un petit artisanat à part entière. Le circuit des marchés du samedi et du dimanche, par Valbonne, Mougins et les petites places de village, est l'endroit où se fait l'essentiel de ce commerce, et dès que vous avez vos propres arbres, vous goûtez l'huile des autres avec un oeil que vous n'aviez pas avant.
Si vous voulez la version douce de tout cela avant de vous engager dans une oliveraie, passez une matinée au Moulin d'Opio en saison et regardez arriver les cagettes. Achetez un bidon de l'huile locale, parlez à celui qui presse, et vous en apprendrez plus sur la vie de ces villages en une heure qu'aucune brochure ne vous en dira. L'olive est le fil qui relie les huit villages, plus ancienne que le parfum à Grasse et que la technologie à Sophia Antipolis, et elle reste la façon la plus simple d'entrer dans le rythme du lieu.
Notre avis franc
Notre avis franc, après des années à suivre ces ventes : l'oliveraie est ce qui donne à une maison de l'arrière-pays son enracinement, et c'est la partie de la propriété la plus facile à sous-estimer quand on se concentre sur le nombre de chambres et la taille de la piscine. Les arbres ne sont pas une corvée. Ce sont un passe-temps lent et indulgent qui produit, en passant, quelque chose dont vous vous servirez vraiment, et ils sont remarquablement difficiles à faire mourir.
Si c'est l'oliveraie que vous voulez, nous vous orienterions d'abord vers Opio, Châteauneuf-de-Grasse et Le Rouret, où les parcelles sont plus grandes et où les vieilles terrasses portent encore de vrais effectifs d'arbres. Entrez avec deux questions réglées avant l'expertise. Y a-t-il de l'eau pour les étés secs, et que permet le PLU avec les arbres et le terrain autour. Réglez ces deux points et le reste, c'est juste apprendre le chemin du moulin.
N'idéalisez pas trop la cueillette, ne négligez pas la taille, et vous finirez avec la meilleure huile que vous ayez jamais goûtée et un jardin qui entretient son propre caractère année après année. C'est l'argument tranquille pour acheter les arbres en même temps que la maison. La plupart des propriétaires ne le comprennent qu'après leur première récolte, et presque aucun ne revient en arrière.
Questions Fréquentes
Questions Fréquentes
En pratique oui, si vous voulez qu'ils produisent et qu'ils soient beaux. Une oliveraie demande une taille à peu près une fois par an ou tous les deux ans, un peu d'eau l'été pour les jeunes arbres, et une récolte à la fin de l'automne. Rien de tout cela n'est lourd pour une oliveraie de jardin, et vous pouvez payer un oléiculteur local pour la taille et la cueillette si vous préférez. Un arbre laissé seul ne meurt pas, mais il monte en hauteur, pousse des gourmands et cesse de bien produire.
Le Moulin d'Opio, sur la Route de Châteauneuf, est le moulin le plus proche et le plus connu pour les villages autour de Valbonne. Il propose la presse à façon, c'est-à-dire que vous apportez vos olives et repartez avec votre propre huile, et il est ouvert aux particuliers comme aux professionnels. D'autres moulins du Pays de Grasse, comme le Domaine H près de Grasse, pressent sur rendez-vous en saison. La plupart des moulins demandent un minimum, souvent autour de 100 à 150 kilos, pour une presse dédiée, sinon vos olives rejoignent un lot commun.
La récolte du Cailletier, la variété locale, s'étale surtout de la fin octobre à décembre, car cette olive se cueille mûre et noire plutôt que verte. La campagne officielle ouvre en général autour du premier octobre, mais le moment varie avec la météo. La saison 2024-2025 a été tardive, avec un changement de couleur décalé sur toute l'appellation de Nice. La règle qui compte est de cueillir quand le fruit est prêt et de le porter au moulin en un ou deux jours.
Souvent pas sans autorisation. Beaucoup de communes protègent les arbres établis à travers leur PLU, les règles d'urbanisme locales, et abattre ou transplanter un olivier mûr peut nécessiter un accord de la mairie. Les règles varient d'une commune à l'autre, alors vérifiez le PLU et le zonage de la parcelle avant de prévoir tout défrichement. Supposer que l'on peut enlever une oliveraie pour agrandir une pelouse ou construire, et l'apprendre après l'achat, est une erreur coûteuse que nous voyons commettre.
Le Cailletier est la petite olive locale de la région de Nice, appelée aussi olive de Nice ou caillette. C'est une variété à double usage, confite en saumure pour la table ou pressée mûre et noire pour l'huile. Son huile est légère, peu amère et porte des notes d'amande, et elle est la base de l'AOP Huile d'olive de Nice, l'appellation protégée reconnue en 2001 pour une bande de communes de Vence à Menton.
Elle ajoute du charme plus qu'une somme fixe au prix demandé. Une oliveraie mature et bien tenue donne au jardin un caractère immédiat, encadre la piscine et la terrasse, et tend à faire mieux visiter et vendre plus vite une propriété qu'une maison comparable sur terrain nu. Les arbres changent rarement le prix au mètre carré à eux seuls, mais entre maisons semblables, celle dont l'oliveraie est choyée est en général celle qui part la première et qui tient sa valeur.
Seulement avec une certification. Vendre de l'huile sous le nom AOP Huile d'olive de Nice suppose d'entrer dans le système certifié géré par le syndicat local, avec des contrôles sur vos arbres, vos rendements et votre moulin. Presser ses propres olives pour sa propre table, et offrir l'huile à la famille et aux amis, ne demande rien de tout cela puisque l'huile n'entre jamais sur le marché. Presque aucun propriétaire d'une oliveraie de jardin ne se certifie, et il y a peu de raisons de le faire, car l'huile vaut plus sur votre propre table que sous une étiquette.
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