L’essentiel
Un appartement dans l’arrière-pays de la Riviera coûte entre 3 050 et 4 850 euros le mètre carré environ en 2026 selon le village choisi parmi les huit, et un seul d’entre eux, Grasse, dispose d’un marché assez profond pour être évalué avec confiance. Partout ailleurs vous lisez une poignée de ventes par an. Le Rouret a enregistré dix ventes d’appartements en 2025, dernière année du fichier DVF. Opio en a enregistré cinq, dont deux seulement portant sur un appartement seul. À ce volume, une seule vente atypique déplace la moyenne communale de plusieurs centaines d’euros au mètre carré, ce qui rend quasiment vides de sens les pourcentages d’évolution affichés sur les portails pour ces villages.
Voici le classement, à partir du fichier DVF publié par la Direction Générale des Finances Publiques, dernière mise à jour du 7 avril 2026 couvrant les ventes jusqu’au 31 décembre 2025. Biot arrive en tête à environ 4 847 euros le mètre carré, puis Mougins à 4 696, Valbonne à 4 557, Le Rouret à 4 339, Châteauneuf-de-Grasse à 4 033 et Grasse loin derrière à 3 064. Opio n’a enregistré que deux ventes d’un appartement seul, trop peu pour une médiane. Roquefort-les-Pins compte trop peu d’appartements pour qu’une médiane DVF fiable soit publiée, et les estimations fondées sur les annonces la situent autour de 5 600.
Notre lecture : l’arrière-pays est un marché de maisons avec des appartements dans les interstices, et ces interstices méritent d’être connus. Un appartement ici n’est pas une version au rabais d’une villa. C’est un produit différent, acheté par des gens différents, surtout des salariés de Sophia Antipolis en mission, des propriétaires qui quittent une villa et sa piscine, et des acheteurs qui veulent une adresse provençale sans trois mille mètres carrés d’obligations de débroussaillement. Trois éléments décident si un appartement de l’arrière-pays est un bon achat : les comptes de la copropriété, la classe énergétique après le recalcul du 1er janvier 2026, et la question de savoir si l’immeuble se trouve là où les gens marchent vraiment. Nous reprenons chacun de ces points plus bas, chiffres à l’appui.
Une note pratique sur le calendrier. La prochaine publication DVF arrive en octobre 2026 et ajoute le premier semestre 2026. Si vous négociez cet automne dans une commune à faible volume, cette mise à jour vaut la peine d’être attendue, car dans un village qui enregistre dix ventes par an, six mois de données supplémentaires peuvent changer entièrement le tableau.
Pourquoi l’arrière-pays n’est presque pas un marché d’appartements
Les huit villages se sont construits comme communes agricoles, puis, à partir de 1969, comme ceinture de villas autour de Sophia Antipolis. Les appartements sont arrivés tard, en petit nombre, et presque toujours sous forme de programmes planifiés plutôt que par la croissance naturelle d’un centre-ville. Cette histoire se lit dans la composition du parc de logements, issue des données INSEE reprises par les portails.
| Commune | Part des appartements dans le parc | Ce que cela donne sur le terrain |
|---|---|---|
| Grasse | 64 pour cent | Une vraie ville, appartements de vieille ville et immeubles d’après-guerre dans la plaine |
| Valbonne | 49 pour cent | Garbejaire et Haut-Sartoux, construits pour la technopole |
| Mougins | 42 pour cent | Mougins-le-Haut et les résidences de Tournamy |
| Biot | 39 pour cent | Saint-Philippe et la bordure de Sophia, plus le secteur des Clausonnes |
| Châteauneuf-de-Grasse | 22 pour cent | Pré-du-Lac et quelques programmes récents |
| Le Rouret | 15 pour cent | Petites résidences près de la RD2085 et en bordure de village |
| Opio | 14 pour cent | Une poignée de résidences, aucun logement collectif autorisé depuis 2021 |
| Roquefort-les-Pins | 9 pour cent | Environ 300 logements au total sur toute la commune |
Lisez ensemble le haut et le bas de ce tableau et la géographie s’explique d’elle-même. Grasse est une sous-préfecture avec un hôpital, une gare sur la branche de Cannes et une population active qui a besoin de logements locatifs. Roquefort-les-Pins, ce sont des pinèdes et des terrains d’un hectare autour d’une mairie, avec environ trois cents appartements sur l’ensemble de la commune. Entre ces deux extrêmes, la part des appartements suit surtout un facteur : la proximité de Sophia Antipolis. Valbonne et Biot ont construit des quartiers d’appartements précisément pour loger la technopole, et les portent encore.
Cela compte pour un acheteur bien au-delà de la simple curiosité. Dans une commune où les appartements représentent quinze pour cent du parc, les biens existants forment une sélection étroite et souvent datée, généralement des années 1970 à 1990, et vous choisissez parmi ce qui se trouve en vente plutôt que sur un marché. À Grasse, au contraire, vous faites vraiment votre marché. Notre avis : les acheteurs sous-estiment à quel point cela les contraint. Si l’appartement est le projet et le village Opio ou Roquefort, attendez-vous à patienter en saisons plutôt qu’en semaines, et à transiger sur l’étage, l’exposition ou le stationnement.
Ce que coûte un appartement, village par village
Le tableau ci-dessous est l’essentiel de cet article. Les prix sont des médianes DVF pour les appartements à tous les prix, issues de la publication d’avril 2026 couvrant les ventes jusqu’à fin 2025. La colonne maisons donne nos médianes DVF des maisons vendues 1 M€ et plus (700 000 € et plus au Rouret), le niveau où achètent nos clients : lisez-la comme le prix d’une villa plutôt que d’une maison moyenne. La colonne des ventes compte les ventes d’appartements enregistrées en 2025, dernière année du fichier, une par vente et non une par ligne DVF, et c’est elle qui détermine le poids à accorder au prix.
| Commune | Appartements, euros/m² (médiane DVF) | Ventes d’appartements, 2025 (une par vente) | Maisons vendues 1 M€ et plus, euros/m² (médiane DVF 2025) |
|---|---|---|---|
| Opio | Trop peu de ventes pour publier (2 ventes d’un appartement seul) | 5 | 8 593 |
| Biot | 4 847 | 38 | 9 654 |
| Mougins | 4 696 | 168 | 10 073 |
| Valbonne | 4 557 | 84 | 8 986 |
| Le Rouret | 4 339 | 10 | 6 349 (vendues 700 000 € et plus) |
| Châteauneuf-de-Grasse | 4 033 | 11 | 8 705 |
| Grasse | 3 064 | 614 | 6 212 |
| Roquefort-les-Pins | Pas de médiane DVF fiable | Très peu | 7 440 |
Trois choses sautent aux yeux. D’abord Grasse, avec 614 ventes d’appartements contre 229 ventes de maisons, soit à elle seule plus de transactions d’appartements que les sept autres villages réunis, et de loin. Ensuite Mougins avec 168 ventes, seule autre commune assez profonde pour qu’une médiane soit crédible. Enfin la distance entre un appartement et une villa. Face aux maisons vendues 1 M€ et plus, les appartements se situent à peu près à moitié prix au mètre carré à Biot, Valbonne et Grasse. Mougins montre l’écart le plus large, environ 53 pour cent.
Ce schéma n’est pas une bizarrerie. Dans un village qui vend dix appartements par an, les biens existants sont souvent récents, bien placés et achetés par des gens qui auraient pu s’offrir une maison et ne l’ont pas voulu, donc ils se vendent plus près du prix des villas. À Grasse il existe un stock profond d’appartements anciens en vieille ville et dans la plaine, largement loué, et la médiane baisse en conséquence. Si vous comparez un appartement grassois à un appartement valbonnais sur le seul prix au mètre carré, vous comparez deux produits différents.
Notre lecture du classement : Opio ne se classe pas, avec deux ventes d’un appartement seul en 2025 dans une commune qui n’a autorisé aucun logement collectif depuis 2021, si bien que la rareté fixe le prix de chaque appartement. Biot et Mougins sont les deux endroits où un acheteur d’appartement dispose à la fois du choix et d’un prix défendable. Grasse est là où se trouve le vrai marché, à environ deux tiers du prix de Biot, avec les contreparties que nous détaillons plus loin.
Comment lire un marché à dix ventes par an
C’est la partie que la plupart des acheteurs sautent, puis regrettent. DVF est la meilleure donnée de prix publique en France et cela reste un relevé notarial brut, pas un indice retraité. Dans une commune à plusieurs centaines de ventes, le bruit se moyenne. Dans une commune à dix ventes, non, et les pourcentages publiés deviennent du théâtre.
Deux exemples réels tirés du fichier actuel, tous deux dans les huit villages. Châteauneuf-de-Grasse affiche une médiane maison de 24 euros le mètre carré selon une agrégation et 6 956 euros selon une autre, avec une variation d’un an de plus 627 pour cent. Les deux chiffres sont des artefacts du même problème : les cessions à valeur quasi nulle entre membres d’une famille, les opérations de démembrement et les parcelles vendues avant construction figurent toutes dans DVF comme des ventes. L’une d’elles empoisonne une médiane, et l’année suivante le rebond sur cette base viciée produit un chiffre qui ne veut rien dire. C’est pourquoi notre propre série maisons compte un prix par vente et ne retient que les maisons vendues 1 M€ et plus : sur cette base, Châteauneuf affiche une médiane 2025 de 8 705 €/m² sur 15 ventes.
Deuxième exemple. Les appartements du Rouret affichent moins 14,9 pour cent sur trois ans. Ce chiffre ne décrit pas une tendance. Il décrit dix ventes par an qui bougent. Méfiez-vous aussi des chiffres de portails qui remontent à 2014 : la DGFiP publie cinq années de ventes, et une évolution sur dix ans des appartements de ces villages ne peut pas être vérifiée dans le fichier actuel.
Alors comment évaluer vraiment un appartement de l’arrière-pays ? Notre méthode, celle que nous appliquons pour nos clients, tient en quatre étapes. Élargir la fenêtre à trois ans plutôt que douze mois, car la contrainte est la taille de l’échantillon. Sortir les comparables par rue et par immeuble plutôt que par commune, un appartement à Garbejaire et un appartement au village de Valbonne n’étant pas le même actif. Écarter tout ce qui se situe sous 1 500 euros le mètre carré environ ou au-dessus de 12 000, ce qui relève presque toujours d’une cession familiale ou d’une erreur de saisie. Puis ajuster le reste pour l’étage, l’ascenseur, les extérieurs, le stationnement et la classe énergétique, dans cet ordre d’importance.
Le calendrier aide aussi. Le fichier DVF est mis à jour deux fois par an par la DGFiP, en avril et en octobre. La publication d’avril 2026 a porté la base au 31 décembre 2025. Celle d’octobre 2026 ajoutera les ventes de janvier à juin 2026 et doublera à peu près l’échantillon récent dans les petites communes. Si vous achetez à Opio, au Rouret ou à Roquefort cet automne et que le prix est discuté, cette publication est un vrai levier de négociation.
Grasse : le seul vrai marché d’appartements des huit
Grasse a enregistré 614 ventes d’appartements sur les douze derniers mois du fichier DVF contre 229 ventes de maisons à tous les prix, ce qui en fait la seule commune des huit où les appartements dépassent les maisons à la fois en parc et en transactions. À 3 064 euros le mètre carré, la médiane se situe environ un tiers sous celle de Valbonne. Les appartements y ont progressé d’environ 5,6 pour cent sur l’année quand les maisons grassoises vendues 1 M€ et plus reculaient de 9 pour cent en 2025, une divergence à noter parce que l’échantillon d’appartements est assez profond pour la porter.
Ce que vous obtenez à ce prix dépend entièrement de l’endroit où vous atterrissez dans la commune. Le centre historique qui grimpe au-dessus du Cours Honoré Cresp abrite des appartements en pierre à voûtes d’arêtes, certains avec terrasse et vue jusqu’à la baie de Cannes, à des prix qui achèteraient un studio à Valbonne. Ces biens vont avec des escaliers étroits, pas d’ascenseur, un stationnement qui se compte en minutes de marche plutôt qu’en place, et une copropriété dont les comptes méritent une lecture serrée. Le Plan de Grasse, la plaine basse vers Mouans-Sartoux, est le côté pendulaire, surtout des résidences des années 1970 à 2000 avec parking et ascenseur, et c’est là que logent effectivement les salariés de Sophia et de Cannes.
Deux avantages pratiques appartiennent à Grasse et à aucune autre des huit. Le premier est le train. La gare de Grasse est sur la branche vers Cannes, qui rejoint la ligne littorale, si bien qu’un appartement ici est le seul de l’arrière-pays où un résident peut vraiment vivre sans voiture pour ses trajets quotidiens. Le second est l’équipement, avec le Centre Hospitalier de Grasse, les grandes surfaces et les services administratifs dans la commune plutôt qu’à vingt minutes de route. Pour un acheteur qui réduit sa surface ou pour un acheteur âgé, ces deux points comptent davantage qu’une vue.
Le coût est l’endroit où Grasse en reprend une partie. La commune vote le taux de taxe foncière le plus élevé des huit, avec un taux sur le bâti de 30,97 pour cent en 2025 (toutes collectivités confondues, chiffres DGFiP) et une taxe d’enlèvement des ordures ménagères de 18,73 pour cent. À comparer à Opio, 19,78 pour cent plus 8,55 pour cent, ou à Valbonne, 21,66 pour cent plus 8,55 pour cent. À valeur locative cadastrale comparable, un propriétaire grassois paie environ 75 pour cent de plus qu’un propriétaire d’Opio. Notre lecture : la décote à l’achat dépasse largement la pénalité fiscale, l’arithmétique reste donc favorable à Grasse, mais chiffrez honnêtement l’avis annuel plutôt que de supposer des taux uniformes dans l’arrière-pays. La vieille ville a sa page : le centre historique de Grasse.
Valbonne, Biot et Mougins : les immeubles du côté de Sophia
Trois communes portent le parc d’appartements né de la technopole, et chacune se comporte différemment à la revente.
Valbonne, 4 557 euros le mètre carré sur 84 ventes. Presque tout se situe à Garbejaire et Haut-Sartoux, côté Sophia, construit à partir des années 1970 pour loger la technopole et relié au village par la RD3 et le réseau Envibus. Les appartements valbonnais ont progressé d’environ 6,3 pour cent sur l’année, au même rythme que les maisons vendues 1 M€ et plus (+6 % en 2025). Notre lecture : un acheteur exclu d’une villa valbonnaise à neuf mille euros le mètre carré prendra la même adresse en appartement à quatre mille cinq cents, et l’argument du secteur du CIV fonctionne depuis l’une comme l’autre. La réserve tient au fait que Garbejaire est un quartier planifié des années 1970 et non un village provençal, différence bien intégrée dans la revente de tout bien sans terrasse ni exposition correcte.
Biot, 4 847 euros le mètre carré sur 38 ventes. La médiane d’appartements la plus haute des trois et l’échantillon le plus mince. Les appartements biotois se concentrent du côté de Saint-Philippe vers Sophia et autour de l’accès des Clausonnes, le village médiéval lui-même n’en offrant presque aucun. Les appartements y ont baissé d’environ 4,8 pour cent sur l’année, tandis que les maisons biotoises vendues 1 M€ et plus progressaient de 53 pour cent en 2025 sur 21 ventes : les appartements et le haut du marché des villas sont allés en sens inverse. L’attrait tient à la position, quatre kilomètres de la mer et dix minutes de la technopole, avec l’A8 à Antibes plus proche que depuis aucune autre des huit.
Mougins, 4 696 euros le mètre carré sur 168 ventes. Deuxième marché d’appartements le plus profond après Grasse, et celui vers lequel nous orienterions un acheteur inquiet pour la seule raison de la liquidité. Le parc se concentre à Mougins-le-Haut, le quartier planifié de la colline, et dans les résidences autour de Tournamy et du Val de Mougins. Les prix sont restés globalement stables sur l’année, en baisse d’environ 1,9 pour cent. Face à la médiane de 10 073 euros des maisons vendues 1 M€ et plus, les appartements se situent environ 53 pour cent plus bas, l’écart le plus large des trois, ce qui traduit la part de propriétés d’exception au-dessus de Cannes dans le marché des maisons mouginoises.
Un point pratique pour les trois. La demande locative de ces appartements repose sur l’emploi de la technopole, et c’est la raison pour laquelle nous préférerions détenir à dix minutes d’elle plutôt qu’un bien de prix équivalent plus loin. Lisez Garbejaire et Haut-Sartoux en détail.
Où se construisent réellement les nouveaux appartements
L’offre future en dit plus sur un petit marché que les prix de l’année écoulée, et le fichier Sitadel des permis de construire du ministère de la Transition écologique la livre clairement. Voici les logements autorisés entre 2021 et 2025, répartis entre maisons individuelles et logements collectifs, meilleur indicateur public des appartements à venir.
| Commune | Logements autorisés 2021 à 2025 | Dont individuels | Dont collectifs |
|---|---|---|---|
| Valbonne | 731 | 73 | 658 |
| Mougins | 727 | 216 | 510 |
| Grasse | 717 | 159 | 555 |
| Châteauneuf-de-Grasse | 402 | 56 | 341 |
| Biot | 385 | 97 | 286 |
| Le Rouret | 179 | 24 | 155 |
| Opio | 70 | 67 | 0 |
Deux lectures comptent. La première est le ratio. Dans chaque commune sauf Opio, le collectif domine les nouveaux permis, dans un rapport de deux à neuf contre un, y compris dans des villages où les appartements représentent quinze pour cent du parc existant. Le Rouret a autorisé 155 logements collectifs contre 24 individuels en cinq ans. C’est la forme que prend la politique d’urbanisme française sous contrainte foncière et non un changement de goût local, et cela signifie que la part des appartements dans ces villages montera lentement sur la prochaine décennie.
La seconde lecture porte sur l’irrégularité, et elle est plus utile à un acheteur. Les 731 logements de Valbonne ne sont pas 146 par an de façon régulière. Ce sont environ 370 autorisés en 2021 et 307 en 2024, tous deux massivement collectifs, avec presque rien entre les deux. Châteauneuf-de-Grasse en a autorisé 205 pour la seule année 2023. Le Rouret a autorisé huit logements en 2025, tous individuels. Un seul programme qui arrive sur le marché d’une commune de cette taille réinitialise les prix locaux pour un an, ce qui explique précisément pourquoi ces variations annuelles sont peu fiables. Avant de vous engager sur du neuf ou une revente récente, demandez à la mairie ce qui a été autorisé à proximité et quand cela sera livré.
Opio est l’exception à nommer. Zéro logement collectif autorisé en cinq ans, contre 67 maisons individuelles. Avec deux ventes d’un appartement seul en 2025, c’est une commune où la rareté fait presque tout le travail sur le prix. La rareté soutient la valeur dans un marché mou et implique aussi que vous pourrez attendre longtemps pour acheter, et longtemps pour vendre.
Sur le cadre réglementaire, gardez des attentes mesurées. La loi TRACE, qui remanierait les règles du zéro artificialisation nette, a passé le Sénat en mars 2025 et n’a toujours pas été inscrite à l’Assemblée. La direction est un assouplissement modeste plutôt qu’un revirement, le foncier pour les villas neuves reste donc rare et l’appartement demeure la forme dominante du logement neuf.
Les règles 2026 qui visent spécifiquement les appartements
Plusieurs règles immobilières françaises ont changé récemment d’une manière qui touche les appartements plutôt que les villas. Si vous avez lu notre guide général des changements 2026, voici la couche spécifique aux appartements qui s’y ajoute.
L’étiquette énergétique a été recalculée le 1er janvier 2026, à l’avantage des appartements. Un arrêté du 13 août 2025 a abaissé le coefficient de conversion en énergie primaire de l’électricité de 2,3 à 1,9 à compter du début de cette année. Selon la simulation officielle du SDES, environ 700 000 résidences principales sortent des classes F ou G sans aucun chantier, et aucune étiquette ne peut se dégrader du fait de ce changement. Les appartements de l’arrière-pays sont chauffés à l’électricité dans une proportion supérieure à la moyenne, en particulier les résidences des années 1970 à 1990 à Garbejaire, Mougins-le-Haut et au Plan de Grasse, ce qui en fait une remise à zéro significative. Un diagnostic antérieur à 2026 reste valable, et un propriétaire peut le faire rééditer gratuitement via l’observatoire de l’ADEME. Conséquence pratique pour un acheteur : un appartement annoncé en classe F sur un diagnostic de 2024 peut désormais être en classe E, ce qui modifie l’argument de prix comme la possibilité de le louer.
Les interdictions de location restent au calendrier ancien. Les logements classés G sont interdits à la location nouvelle depuis le 1er janvier 2025, les F suivent le 1er janvier 2028 et les E le 1er janvier 2034. Un projet de loi relance logement qui autoriserait la remise en location d’un F ou G contre un engagement de travaux signé, cinq ans pour un appartement en copropriété, a été débattu au Parlement. Ce n’est pas la loi, n’achetez donc pas en supposant qu’elle le deviendra.
Les audits énergétiques collectifs atteignent maintenant les petits immeubles. L’obligation de DPE collectif vise les immeubles d’habitation dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013. Elle couvre les immeubles de plus de 200 lots depuis 2024 et de 50 à 200 lots depuis 2025, et depuis le 1er janvier 2026 ceux de moins de 50 lots, soit l’essentiel du parc de l’arrière-pays. Si l’immeuble n’en a pas commandé, c’est une dépense qui attend à la prochaine assemblée générale.
Le plan pluriannuel de travaux est désormais quasi universel. Le projet de plan pluriannuel de travaux s’applique à toute copropriété d’habitation de plus de quinze ans. Lorsqu’un plan est adopté, la cotisation annuelle au fonds de travaux doit atteindre au moins 2,5 pour cent du montant des travaux prévus au plan et au moins 5 pour cent du budget prévisionnel. Sans plan adopté, au moins 5 pour cent du budget prévisionnel. Demandez le plan et le solde du fonds avant de faire une offre.
Une règle qui ne s’applique pas. L’audit énergétique obligatoire à la vente pour les biens classés E, F et G vise les maisons individuelles et les immeubles entiers en monopropriété. Un lot en copropriété en est exempté, les décisions de travaux relevant de l’assemblée générale. La vente d’un appartement requiert donc un DPE et non un audit réglementaire, l’un des rares avantages administratifs de l’appartement sur la villa dans cette région.
Ce que rapporte réellement un appartement
Voici le chiffre qui surprend le plus nos clients. Dans l’arrière-pays, les appartements rapportent davantage que les maisons, et nettement. Prenez Le Rouret, où l’observatoire des loyers DHUP relève un loyer médian d’annonce de 19,72 euros par mètre carré et par mois pour les appartements et 20,47 pour les maisons dans ses données 2025. Rapportés aux médianes DVF de 4 339 euros le mètre carré pour les appartements et 6 349 pour les maisons vendues 700 000 € et plus, cela donne un rendement brut d’environ 5,4 pour cent sur un appartement et d’environ 3,9 pour cent sur une maison. Les loyers des deux sont presque identiques alors que les valeurs en capital ne le sont pas, l’arithmétique favorise donc l’appartement.
La même configuration se retrouve dans les huit communes, et la raison est structurelle. Les loyers de ces villages sont fixés par ce qu’un salaire de Sophia Antipolis peut porter, ce qui comprime l’éventail. Les valeurs en capital des maisons sont fixées par un second vivier d’acheteurs plus fortune, incluant les acheteurs internationaux et les résidences secondaires, ce qui étire l’éventail vers le haut. Une villa s’achète ici pour le terrain, la piscine et l’adresse. Un appartement s’achète plus près de ce qu’il rapporte.
Prenez ces chiffres bruts comme un point de départ et non comme la réponse. Ils excluent la taxe foncière, les charges de copropriété, la cotisation au fonds de travaux décrite plus haut, l’impôt sur le revenu et la vacance. Net de tout cela, un appartement de l’arrière-pays rapporte nettement moins que l’affiche. Il reste le meilleur actif de rendement des deux, ce qui n’est pas la même chose qu’être un bon actif de rendement.
La location de courte durée s’est durcie, et les acheteurs la valorisent encore comme si de rien n’était. La loi Le Meur du 19 novembre 2024 a ramené l’abattement micro-BIC des meublés de tourisme non classés de 50 à 30 pour cent et le plafond de 77 700 à 15 000 euros, les biens classés passant de 71 à 50 pour cent avec un plafond de 77 700. Par ailleurs, l’article 84 de la loi de finances 2025 réintègre les amortissements déduits dans le calcul de la plus-value lors de la revente d’un bien en LMNP, pour les cessions à compter du 15 février 2025, ce qui supprime une large part de l’avantage historique du statut. Depuis le 20 mai 2026, la déclaration des meublés de tourisme via le téléservice national est obligatoire, et le numéro à treize caractères doit figurer sur chaque annonce. Les communes ont également reçu le pouvoir de plafonner le nombre de ces meublés et d’exiger une autorisation de changement d’usage, sujet bien vivant sur le littoral voisin et à vérifier en mairie avant de bâtir un plan sur des revenus d’été.
Le financement est derrière tout cela. L’observatoire Crédit Logement CSA situait le taux moyen des nouveaux crédits à l’habitat à 3,31 pour cent en août 2026, avec du vingt ans à 3,27 pour cent, après une remontée lente depuis 3,06 pour cent un an plus tôt. La production de crédits reculait de 16,8 pour cent sur un an. L’argent n’est ni bon marché ni paniquant, ce qui correspond à ce que nous constatons en négociation. Les rendements par village figurent dans notre article sur les rendements locatifs par village.
Les charges que personne ne vous annonce
Deux propriétaires payant le même prix au mètre carré dans deux de ces villages peuvent faire face à des avis annuels différant d’un facteur proche de deux. Le taux de taxe foncière est voté par chaque commune et l’écart entre les huit est large.
| Commune | Taux de taxe foncière sur le bâti 2025 (toutes collectivités confondues) | Taxe d’enlèvement des ordures ménagères 2025 |
|---|---|---|
| Opio | 19,78 pour cent | 8,55 pour cent |
| Valbonne | 21,66 pour cent | 8,55 pour cent |
| Mougins | 23,47 pour cent | 12,16 pour cent |
| Biot | 24,74 pour cent | 8,55 pour cent |
| Châteauneuf-de-Grasse | 28,04 pour cent | 8,55 pour cent |
| Le Rouret | 28,57 pour cent | 8,55 pour cent |
| Grasse | 30,97 pour cent | 18,73 pour cent |
Ce sont des taux appliqués à la valeur locative cadastrale d’un bien et non à son prix de marché, ils ne se convertissent donc pas directement en euros sans l’évaluation propre à l’appartement. La comparaison reste valable, car la méthode d’évaluation est nationale alors que le taux est local. Un propriétaire grassois paie un taux combiné supérieur d’environ 75 pour cent à celui d’un propriétaire d’Opio à valeur cadastrale comparable. Le Rouret est passé de 26,00 pour cent en 2021 à 28,57 pour cent en 2025, considérez donc cette ligne comme croissante plutôt que fixe.
Côté acquisition, les Alpes-Maritimes ont accordé aux acheteurs un répit discret. La loi de finances 2025 a permis aux départements de relever leur part des droits de mutation de 4,50 à 5,00 pour cent pour les actes signés entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2028. Les Alpes-Maritimes font partie des quelque 14 départements qui ne l’ont pas fait (tableau DGFiP des taux au 1er février 2026), les droits de mutation totaux restent donc ici à 5,81 pour cent, contre 6,32 pour cent dans le Var et les Bouches-du-Rhône voisins. Sur un appartement à 400 000 euros cela représente environ deux mille euros conservés, et la mesure vaut pour tous et pas seulement pour les primo-accédants. Les frais d’acquisition totaux dans l’ancien atteignent toujours environ sept à huit pour cent une fois ajoutés les émoluments et débours du notaire.
Restent les coûts qui relèvent de l’immeuble et non de la commune. Les charges de copropriété varient énormément selon que la résidence possède un ascenseur, une piscine, des espaces verts entretenus et un gardien. Mougins-le-Haut et les grandes résidences du côté de Sophia cumulent parfois les quatre. Ajoutez la cotisation au fonds de travaux évoquée plus haut, et la possibilité d’un appel de fonds exceptionnel si le plan pluriannuel révèle une toiture ou une façade. Notre conseil constant est de lire les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales avant toute offre, et non la fiche de synthèse. Les procès-verbaux disent de quoi les copropriétaires se disputent, ce qui reste le meilleur indicateur de ce que l’immeuble vous coûtera.
Notre lecture, et pour qui c’est fait
Un appartement dans ces villages convient à quatre profils d’acheteurs et convient mal à tous les autres.
Le salarié en mission à Sophia. Deux ou trois ans dans la technopole, aucune envie de piscine, de jardin et de cinquante mètres de débroussaillement. Un appartement à Garbejaire, Haut-Sartoux ou Saint-Philippe vous met à dix minutes d’un bureau sans rien à entretenir. C’est le cas le plus net, et c’est pourquoi les appartements valbonnais ont monté au même rythme que les maisons valbonnaises sur l’année écoulée.
Le propriétaire qui réduit sa surface. Souvent un couple de septuagénaires qui quitte une villa de l’arrière-pays dont le jardin est devenu un travail et l’escalier un problème. L’instinct est de rester dans le même village, et à Opio ou Roquefort cet instinct se heurte à un parc de quelques centaines de logements. Élargissez à Grasse, Mougins ou Valbonne et vous obtenez un ascenseur, un accès de plain-pied et un hôpital à proximité. Nous préférons voir un client déplacer sept kilomètres et obtenir le bon immeuble plutôt que rester et prendre le mauvais.
L’acheteur de pied-à-terre. Quelqu’un qui veut la région quelques mois par an sans organiser le jardinage, l’entretien de la piscine et les volets depuis un autre pays. Un appartement avec terrasse à Mougins-le-Haut ou dans la vieille ville de Grasse remplit bien ce rôle, et l’argument du fermer-et-partir est réel.
L’acheteur de rendement qui a fait ses calculs. Environ 5,4 pour cent brut sur un appartement contre 3,9 sur une maison représente une vraie différence, à condition d’avoir lu les comptes de la copropriété et correctement valorisé la classe énergétique.
Pour qui ce n’est pas fait. Quiconque bâtit son plan sur des revenus de location estivale, vu l’état actuel des règles issues de la loi Le Meur. Quiconque a besoin d’une revente rapide, car hors Grasse et Mougins le vivier d’acheteurs est étroit et une vente peut prendre plusieurs saisons. Et quiconque achète un appartement comme voie économique vers le mode de vie de l’arrière-pays, car ce que les gens viennent chercher ici c’est l’espace, et un appartement ne le donne pas. Achetez un appartement pour l’absence d’entretien ou pour le rendement, pas comme une villa au rabais.
Avant de faire une offre, menez cinq vérifications. Lisez les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales et le solde du fonds de travaux. Vérifiez si l’immeuble a commandé son audit énergétique collectif, désormais exigé en dessous de cinquante lots. Faites rééditer le diagnostic énergétique selon la méthode de janvier 2026 s’il est antérieur au changement. Vérifiez que le stationnement est un lot titré et non un usage informel. Et sortez les comparables DVF de l’immeuble lui-même sur trois ans plutôt que ceux de la commune sur un an, car à ces volumes la moyenne communale n’est pas un prix, c’est une rumeur.
Sources
Sources officielles sur lesquelles repose ce guide :
